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À quoi ça sert d’écrire des vers
Je suis
ridicule avec mes rêves vains
De rêver d’être
un des grands écrivains
Ou de rêver
d’être une grande poétesse
Alors que
mon n’a que la tristesse
Pour cet
univers sombre des hommes
À quoi
vont-ils servir mes poèmes?
Ou parler
dans mes livres des histoires
D’un monde
éphémère et dérisoire
À quoi ça
sert d’écrire des vers?
Puisque ils
ne chantent qu’un triste air
Mes vers
trottent dans un bruit cassé
Comme un
cheval affaiblit et lassé
Mes vers
exhalent des soupirs lents
Telle une
mère devant l’agonie de son enfant
Mes vers
lancent des malheureux cris
Tels des
oiseaux sauvages dans un ciel gris
Les gens
préfèrent tout oublier
Les
injustices des cruels négriers
Les pleurs
des veuves et des orphelins
La faim de
ceux qui n’ont pas de pain
Le sang de
ceux qui sont morts
Coulé par
ceux qui n’ont aucun remord
Et qui sèment
encore dans les cœurs
Le grand
désespoir et la peur
Oui, je
suis bien ridicule et vaine
De chanter
les grandes peines
Que les
hommes veulent taire
Il vaut
mieux d’étouffer mes vers
Il vaut
mieux de n’écrire aucune parole
Puisque je
n’ai aucune histoire drôle
À quoi ça
sert alors mes vers?
Il vaut
mieux de les faire taire
Oui je suis
tout à fait ridicule et vaine
En croyant d’avoir
des pensées saines
Et de
vouloir que le monde soit sage
Mais il n’est
ni sage si sauvage
Le monde
est tout simplement barbare
Les seuls
beaux dessins sont dans l’art
Et le reste
n’est que larmes et pleurs
Pourquoi
alors rêver d’un monde meilleur?
Oui, je
continue à être ridicule et vaine
De parler
encore des grandes peines
Des hommes
qui sont toujours en danger
Alors que
mes vers ne peuvent rien changer
Mes vers
viennent toujours en retard
Quand un
homme meurt quelque part
À quoi ça
sert alors d’écrire mes vers?
Il vaut
mieux de les faire taire…
Toute
société qui prétend assurer aux hommes la liberté...
...doit commencer par leur
garantir l'existence.
[Léon Blum]
A mon âme défendante, je suis
ombre
Fidèle, soumise, obéissante
N'ayant que contours sombres
Comme ma vie pourrissante.
Parfois multiples par mes nombreuses lumières
Je suis le mouvement de toutes
Dans une éternelle prière
D'enfin prendre une autre route.
Sans décision propre à mon envie
Fantôme condamné à copier
Opinions ou actions, subies
Pour une éternelle éternité.
Me reste-t-il un recoin caché, perdu
A retrouver, quête utopique
Aux multiples sentiers trop ardus
Pour devenir mon soleil mythique.
Abandonner l'ombre enchaînante
S'élancer sur la liberté
Danse survoltée, entraînante
Et enfin exister.
Auteur inconnu.
STEPHEN KING
Déjà arrive la nuit
que dès lors l'horloge sonne minuit
Déjà je me dirige vers mon lit
que dès lors je ne sens plus mon esprit
Déjà je suis en train de m'endormir
que dès lors je me sens partir
Déjà mon âme est en train de sortir
que dès lors je me sens mourir.
Happy Cheerful
Distillant mille verbes qui nous laissaient pantois
Il a cessé de rire, a fait taire sa voix
Ses mots devenus blêmes d'avoir perdu la foi
Il rêvait de voyages, de rencontres, de partages
Faisant de ses ailleurs de merveilleux rivages
Mais son cœur s'est éteint aux abords de tes plages
Ne laissant que silence et pauvres vers en cage
Le triste rimailleur a égaré sa muse
Et ses rimes fécondes enfermées et recluses
Privées d'inspirations qui a lui se refusent
N'ont plus de résonance et se sentent intruses
Tant de mots appauvris par le poids d'une absence
Imposant sans délai période d'abstinence
Les relents languissants d'une perte d'audience
D'une plume agonisante soudain sans appétence
Sans passion l'écriture n'a plus de raison d'être
Dénuée d'émotions, ses lettres s'enchevêtrent
En un magma diffus de nature bien piètre
Dont le pouls ne bat plus au rythme du tensiomètre...
Et je sens que c’est la fin
Je cherche dans le noir une porte à ouvrir
Mes forces m’abandonnent dans un dernier soupir
Les images du passé défilent,
Les sourires, les pleurs, cette vie si futile.
Qu’est qui pourrait bien me retenir
Dans ce monde où je n’ai pas d’avenir
C’est drôle, comme les choses autrefois essentielles
Apparaissent maintenant si superficielles
Je savourais le bonheur
Loin du mal et de ces rumeurs
A présent, j’attends la mort comme délivrance
La grande faucheuse comme délicieuse sentence
Et j’ai peur, j’ai peur de l’oubli
Et je sens que monte en moi l’hypocondrie
L’angoisse m’entoure de toute part
Et mes pleurs se font rares
Pourquoi verser encore des larmes
Face à ce mal qui ne redoute aucune arme
Tout défile à une vitesse vertigineuse
Pas de prêtre, ni de pleureuses
Juste moi face au néant
Qui va m’engloutir définitivement
Mon corps astral s’envole enfin libéré
De cette enveloppe charnelle emprisonnée
Des tenailles de l’amour toutes ces années
Il s’en va en quête de sérénité
L’être las se détache des ombres
Libéré des chaînes d’une vie trop sombre
Sans souffrance, il s’éteint lentement
Dans une mort au silence arrogant.
Lorsque les mouvements eurent disparus depuis une bonne heure, il se résout à sortir de sa cachette. Il n'osa pas allumer de lumière. Peut-être que les choses se trouvaient encore tout près. Il allait rester dans le noir pour le reste de la journée et ne sortirait pas. Un casque sur les oreilles, il enclencha le petit baladeur à piles qui diffusa une première chanson très à la mode avant que le monde change. Son cœur battait encore la chamade mais doucement il se calma et il sortit une vieille photo de la poche de son jean. Il essaya d'en distinguer les traits mais l'obscurité ambiante rendait la tâche impossible. Avec un haussement d'épaules, il la rangea. De toute façon, il la connaissait par cœur et il n'avait pas besoin de la regarder pour s'en rappeler les moindres détails. Une belle journée ensoleillée avec quelques nuages qui venaient jouer les troubles-fêtes. Le jardin derrière la maison avec ses arbustes et ses jolies fleurs entretenues avec soin. Sur une balançoire, une petite fille blonde riait aux éclats. Sa petite sœur, Emily. Elle avait été la première de la famille a y passer, la première qu'il ait vu souffrir de la maladie. Elle avait cinq ans et on avait d'abord cru à une forte grippe. Mais très vite, les symptômes s'étaient aggravés. D'abord une toux violente qui la laissait à moitié exsangue, puis sa température avait grimpé et elle avait commencé à délirer. Sammy ne savait pas ce qui était arrivé ensuite parce que Papa et Maman ne l'avait plus laissé entrer dans la chambre. Il se doutait que c'était grave parce qu'ils avaient toujours les yeux rouges et son frère aussi. Puis, trois jours après le début de l'affection, on lui avait appris qu'Emily avait rejoint les anges. Il n'était pas bête, il savait qu'elle était morte. Ses parents lui avait donné la photo et il l'avait gardée avec lui. C'était la seule qu'il possédât et il y accordait beaucoup d'importance.
Plongé dans ses pensées moroses, il finit par s'endormir, bercé par la musique. Il ne se reposait jamais très longtemps. Même dans son sommeil, il restait sur le qui-vive, s'attendant à tout moment à une nouvelle invasion des choses à moitié mortes, et il se réveillait souvent en sursaut à l'affût d'un bruit suspect.
Aujourd'hui, il devait descendre au rez-de-chaussée refaire le plein de provisions. Sans aucune envie de partir en expédition, il introduisit l'échelle dans le trou du plafond et descendit aussi silencieusement que possible. Au sol, il se tendit pour repérer un éventuel danger. Une dizaine de secondes plus tard, un peu rassuré, il se mit en marche vers la partie alimentation. Sans leur prêter attention, il laissa les frigo et autres congélateurs sur sa droite. Toute la nourriture qu'ils contenaient avaient atteint un stade de putréfaction avancé. Les rayons qui l'intéressaient se trouvaient plus loin. Il évita aussi de poser les yeux sur les cadavres qui jonchaient le sol par endroit. Peu nombreux, à son grand soulagement, ils offraient une vue révulsante qu'il ne supportait pas. Plusieurs fois, il avait vomi et puis il avait décidé de les éviter autant que possible.
Arrivé au niveau des conserves, il fit son choix. Des légumes, des viandes en boîte qu'il n'aimait absolument pas, des fruits qui faisaient office de dessert. Le choix restait large. Le magasin avait été peu pillé et au début, avec son frère Laurent, il s'était surtout empiffré de bonbons et autres biscuits. Mais après, quand il s'était retrouvé seul, il s'était rappelé que maman disait toujours de manger de tout. C'était la dernière chose qu'il pouvait faire en son souvenir et il s'y appliquait. Bien sûr, il était trop tard pour consommer de la nourriture fraîche et il avait dû se rabattre sur des aliments conditionnés, des céréales et quelques plats sous vide.
Avec une première cargaison de victuailles, il refit le chemin en sens inverse pour vider son sac dans sa tanière. Plusieurs trajets étaient nécessaires pour remplir sa réserve. Il ne voulait pas utiliser les caddies trop bruyants mais il n'était pas bien costaud. Ce n'est pas qu'il était malingre, mais il n'avait qu'un peu plus de huit ans et les conserves ça pesait lourd. C'est ainsi qu'il recommençait un nouveau périple pour se fournir en boissons, des limonades uniquement. Le rayonnage se vidait doucement et il savait qu'il devrait bientôt passer aux eaux, pétillantes ou plates, mais ça ne le tracassait pas trop, toutes sortes de sirop lui permettraient d'en varier les goûts.
Son dernier voyage était, en général, plus ludique. Il se chargeait de livres, de piles pour ses consoles portables ou de jeux auxquels il ne s'intéressait pas longtemps. A part les puzzles, ce n'était pas amusant de jouer tout seul. Parfois, il se prenait des vêtements. Mais, pour cette fois, il n'eut pas besoin de s'imposer cette corvée, il s'était procuré des pulls et des chaussettes chaudes lors de sa précédente descente. L'hiver pointait le bout de son nez et dans la région, les températures pouvaient descendre assez bas. Maman exigeait toujours qu'il soit bien couvert.
Rentré dans son abri, il rangea ses emplettes et entama un énième puzzle qui le lassa bien vite. Des coups de déprime l'assaillaient de plus en plus et le plongeait dans le passé. Des images de sa vie d'avant, heureuse et insouciante ou des flashs des drames et horreurs qui l'avaient suivie pénétraient son esprit sans lui demander la permission.
Maman avait été la deuxième. Mais ce ne fut pas comme pour Emily. Elle montra les même symptômes mais elle ne mourut pas de suite. Cinq jours après avoir déclaré la maladie, elle prit la fuite de la maison. Elle avait perdu la raison, même Sammy s'en était rendu compte. Elle bavait et grognait en essayant de mordre les mains qui voulaient la soigner. Sa peau s'était couverte d'ecchymoses, d'abord bleutées puis virant au noir. Lorsqu'elle avait disparu, une desquamation importante avait remplacé les premières meurtrissures et ses cheveux commençaient à tomber par touffes épaisses. Sammy avait été soulagé de ne pas voir la suite. Il pleurait sa maman mais elle lui faisait peur et il préférait qu'elle soit partie ; même s'il ne l'avoua à personne.
Pourtant, il l'avait revue. Deux mois plus tôt, il était en expédition dans le magasin et il était tombé nez à nez avec trois monstres. Maman en faisait partie. Il avait hésité, partagé entre l'envie de lui sauter dans les bras et le dégoût qu'elle lui inspirait. Ca n'avait tenu qu'à un fil qu'il y passe. Figé sur place, il avait laissé maman s'approcher. C'est quand elle avait ouvert une bouche écumante et pestilentielle qu'il s'était ressaisi. Il avait couru comme un fou ayant toutes les forces de l'enfer à ses trousses, ce qui était un peu le cas, les entraînant au gré des rayonnages dans des slaloms effrénés, tentant de les semer par des virages rapides. Il avait fini par rejoindre son coin protégé mais il les avait entendu longtemps avant qu'ils ne se lassent. Leur intelligence fortement amoindrie, au contraire, étonnamment, de leurs capacités physique leur faisait rapidement oublier ce qu'ils étaient en train de faire.
C'était l'heure de manger. Sammy ne le faisait avec aucun appétit, agissant par habitude et discipline. A part les sucreries, rien n'avait vraiment bon goût. Quand Laurent était avec lui, il pouvait cuire la nourriture mais lui-même était incapable d'allumer le petit réchaud à gaz de camping et il avait depuis longtemps abandonné l'idée d'y arriver. L'objet était, maintenant, remisé dans un coin des combles et il devait se contenter d'aliments froids. Il remonta la manivelle de sa lanterne pour faire de la lumière. C'était encore son frère qui avait eu cette idée, ça évitait d'avoir besoin de piles et l'éclairage ne viendrait pas à manquer. Sammy avait beaucoup appris de son aîné durant le mois qu'ils avaient passé ensemble, avant sa mort, c'est peut-être pour ça qu'il s'en sortait.
Lorsqu'il fut rassasié, il prit un livre et se plongea dans les aventures d'un petit garçon qui devait affronter une horde de dragons pour sauver son monde. Il sourit aux situations fantastiques qui parsemaient l'histoire retrouvant, pour un temps, l'insouciance d'avant la catastrophe.
Au fond, son existence pouvait être aussi moche que possible, la vie continuait. Malgré la mort qui rodait dehors, malgré la solitude. Le gamin le savait.
Blog de l'auteur

Le véritable maître de la Mort...
...n'est pas celui qui sait l'éviter...
...mais celui qui, le moment venu...
...l'accueille à bras ouvert, lui prend la main et part avec elle.
Je
m'enferme au creux d'un idéal songe...
Mais bien vite me
rattrape la triste réalité...
Et toutes ces déceptions ne font que m'enfoncer...
Larmes sur mes joues doucement coulent...
Et chaque goutte qui hors de moi se glisse...
Est comme un doux rêve qui se brise...
Qui peut comprendre cette lancinante peine…?
Qui peut accumuler ainsi tant de désespoir…?
Dégout de moi-même, de la vie...
Qui pourrait entendre cette douleur incessante?
Qui pourrait alléger cette terrible souffrance?
Et dans ce foutu monde ou tout n'est qu'apparence...
Je côtoie chaque jour la plus grande indifférence...
Les gens tout autour de moi croient me connaître...
Mais ils ne voient de moi que ce que je laisse
paraître...
Et chaque pas que je laisse, lentement s'efface...
Ombre, je sombre, sans bruit m'enfuie, et passe...
Par Akismye
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